Une vie pour les autres …

Père Dario a fondé son sacerdoce sur l’eucharistie et sur la charité, qui est eucharistie de la vie. Avec mère Eusebia et les premières sœurs il a incarné, durant toute son existence et toute sa mission, l’icône de la « lavande des pieds », l’icône du service sacerdotal et marial, dans l’esprit dont Jésus l’a vécue et proposée dans la dernière cène  (Gv13).
            L’apôtre Jean a présenté toute la vie humaine de Jésus comme une vie simple (petite), au contact de gens simples, entre épisodes de mesquineries et de querelles,  une vie qui s’est conclue ensuite par une mort obscure. Dans toute cette histoire il dit… j’ai vu la Gloire de  Dieu !… (Cfr. C.M. Martini).
            Il semble cueillir dans cette lumière la grandeur qui se cache sous le voile de la vie de père Dario et de mère Eusebia, profondément touchés par l’obscurité, par les épreuves, par la croix. C’est proprement ici que l’on voit le mystère du service, du cachement, du don de soi-même.
            Aussi nous désirons invoquer, comme nos fonda-teurs : … Seigneur, révèle-nous ton visage ! …
            Pour vivre le charisme de la charité nous avons besoin de contempler longuement le Fils de l’homme, qui converse avec des gens simples, qui choisit de vivre dans une situation totalement insignifiante. Ce n’est pas seulement le scandale de la croix qui stupéfie, mais le scandale de la vie entière de Jésus : « … Que peut-il venir de bon de Nazareth ?… » (Gv 1,46).
            Que pouvait-il venir de bon de père Dario Bognetti, qui n’excellait pas dans les études et qui, même de la part de ses confrères dans le sacerdoce, n’était pas considéré parmi les savants, les sages, les intelligents ? Non seulement le mépris, l’humiliation,  mais aussi la calomnie et une vraie persécution ont tenté à plusieurs reprises de faire couler la communauté ouverte par père Dario et mère Eusebia ainsi que la grande Œuvre qu’ils avaient entreprise.  
            Jésus a exulté de joie dans l’Esprit parce que le Père a caché « ses propres propos » aux savants et aux intelligents et les a révélés aux « moindres ». Père Dario et mère Eusebia, authentiques simples de l’évangile avaient la claire conscience que « … le Seigneur a l’habitude de se servir des mesquins pour sa grande Œuvre…. : ». Cette certitude intérieure  donnait courage aux filles et faisait exulter de joie les pauvres et les moindres, ignares des tempêtes qui incombaient. Ils voyaient la famille de saint Eusebio augmenter de nombre et croître en amour.
            L’icône du service est Jésus, le Servant souffrant, qui se charge de toutes les douleurs de l’humanité et donne la vie pour le salut de tous. Au sommet de la charité de père Dario et de mère Eusebia se trouve leur amour envers les ennemis, le courage de repayer avec la plus grande charité ceux qui les faisaient souffrir. Ils suivent jusqu’au bout l’exemple de Jésus, l’exemple des apôtres, la route tracée de la part de leur grand « Père » Eusebio dans la communion et dans le martyre : ... Peu de mots, beaucoup d’exemples, participation à la croix du Christ.

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