Saint Eusebio nous conduit à nos vraies sources ...

En feuilletant les bréviaires de père Dario, conservés dans les archives de la maison mère de Vercelli, nous y trouvons les souvenirs les plus chers : de nombreuses images de jeunes prêtres qui étaient ses amis, vivants ou défunts, et une brève synthèse historique de saint Eusebio, son modèle.
            Au cœur de la maison, dans le cadre de la quotidien-neté où pouvaient entrer : sœurs, pauvres, prêtres, éduca-teurs, père Dario et mère Eusebia ont placé une statue la plus significative de saint Eusebio, en pose de pèlerin. Il porte dans sa main droite  le pastoral et dans la gauche l’évangile où sont superposés trois pierres, symbole de la Trinité. Le fondement de la foi et de la vie de saint Eusebio deviennent ainsi nourriture spirituelle pour les filles d’hier, d’aujour-d’hui et de demain. Tout commence de l’évangile. Père Dario et mère Eusebia diraient: de la méditation. Aujour-d’hui nous disons : de la Parole, qui révèle et réalise le dessein de la Trinité: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils pour réunir en lui tous ses enfants qui s’étaient égarés ».
            La Trinité descend sur la terre à travers l’incarnation de Jésus et, à travers sa mort, résurrection et ascension au ciel, reporte l’humanité et la création entière dans la commu-nion  trinitaire.
            Les trois pierres sont également signe du martyre, signe de la Trinité vécue et aimée jusqu’au martyre. Tout commence par la Trinité et tout retourne à la Trinité. Pour la Trinité, Eusebio a souffert et a donné sa vie. C’est pourquoi que le diocèse de Vercelli, pour une concession privilégiée, le vénère non seulement comme Pasteur, mais aussi comme Martyre et, le 1er août, anniversaire de sa naissance au ciel, il utilise les parements rouges.
            Sur les premières pages du manuel de prières des Filles de saint Eusebio de Vercelli, imprimé par père Dario dans la typographie qui se trouve au sein  de l’Institut,  installée à l’origine pour récupérer les jeunes moins dotés, nous pouvons lire : « Saint Eusebio V.M., Patron de Vercelli, Fondateur du premier Institut Monastique, Protecteur des Filles de Saint Eusebio ». Et tout de suite : « de la lettre de Saint Eusebio V.M. aux habitants de Vercelli, de Novara, etc… écrite pendant l’exile de Scitopoli (Palestine) : « …. Je me réjouis, mes frères et enfants, de votre foi, je me réjouie de votre salut qui suit la foi, je me réjouis de l’abondance de fruits, comme l’agriculteur qui apporte tous ses soins pour cultiver des plantes élues…
… Je vous prie et je vous supplie de conserver la foi avec toute votre vigilance, de garder l’harmonie entre vous et de vous appliquer constamment à la prière.
… Par la miséricorde de Dieu, je supplie que chacun de vous  dans cette lettre trouve le propre salutation, parce que, à tous, singulièrement, comme j’aimais le faire, il ne me fut pas possible d’écrire, à cause de la condition dans laquelle je me trouve. Par cette lettre, donc, je m’adresse à tous mes frères (prêtres et diacres) aux saintes sœurs (sanctae sorores : se sont elles les premières sœurs de saint Eusebio, qu’il a fondées à Vercelli sous la direction de sa sœur, sainte Eusebia), aux fils et filles de chaque sexe et âge… ».
            C’est ainsi que père Dario et mère Eusebia, se laissant conduire par l’Esprit, ont choisi comme modèle la Cénobie eusébienne. Et Eusebio les a conduits  jusqu’aux sources originaires de l’église. A’ la première communauté de Jérusalem. Nous nous trouvons face à des expériences de vie où, pas une règle écrite, mais le témoignage vivant de personnes touchées par l’Esprit attire autour de soi une communauté qui vit l’amour réciproque selon le nouveau commandement de Jésus. Il le rend visiblement présent : dans l’écoute de la Parole, dans la fraction du pain, dans l’amour réciproque, dans la communion des biens, dans la prière assidue et constante.
            Ce fut ainsi pour les apôtres, pour Eusebio, pour père Dario et pour mère Eusebia. C’est l’expérience de l’Amour vécu en toutes ses expressions: envers Dieu, dans la communauté et dans l’élan missionnaire vers les autres, et pour nous, plus précisément, envers les plus faibles et les souffrants. Cet Amour devient annonce lumineuse du Ressuscité qui vit avec les siens partout  où deux ou trois sont réunis dans son amour. La joie et la simplicité de cœur sont les fruits d’une vie évangélique qui fascine tous ceux qui, en observant de l’extérieur, arrivent à exclamer avec profonde stupeur : « … regarde comme ils s’aiment e comme chacun est prêt à donner sa vie pour les autres… » (Tertulliano).

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