La présence du Ressuscité dans la communauté ...

Voici le message et la lumière que l’on peut  voir sur la peinture dans la lunette à l’entrée de l’église de la maison-mère, faite construire par les fondateurs et inaugurée le 8 décembre 1927. Jésus ressuscité, serre dans ses bras : pauvres, malades, moins dotés, jeunes étudiantes et sœurs… une seule famille. La famille des fils de Dieu. Jésus est le vrai « Père » et tous en lui et autour de lui se sentent comme des frères sans distinction et sans distance.
            C’est ainsi que l’on vivait durant les premières années de notre grande famille eusébienne : à la première place il y avait les petits et les faibles, qui étaient traités avec dignité sacramentale, tel que : « la prunelle des yeux de Dieu ». Père Dario, toujours en contact avec ses « perles », essuyait la bave de leur bouche avec son propre mouchoir et il jouissait quand les enfants mettaient leurs mains dans sa poche profonde, sûrs d’y pêcher une pastille à la menthe, un bonbon, une cerise, reçus par la providence à la fin du marché… Mère Eusebia, qui avait un grand cœur, accueillait ses « trésors » jusque dans sa propre chambre, quand il n’y avait plus de place dans les dortoirs des pauvres. Elle les assistait avec ses propres mains et enseignait aux jeunes sœurs, effrayées et impressionnés face aux difformités humainement répugnantes, à soigner ces petits membres souffrants comme le corps de Jésus. Il en ressortait une ardeur et une compétition dans le « service » qui donnaient des ailes à l’esprit et touchaient les cœurs de tous. Les jeunes étudiantes, avant d’aller à l’école, aidaient à laver les bols des malades… l’esprit de famille était une réalité bien  concrète, vécue naturellement et avec spontanéité. Tout entre eux était en commun !
            Si l’on entre dans l’église, on reste tout de suite touché par la figure dominante du Christ Pantocrator, peint au centre de l’abside, avec les bras ouverts, dans la pose d’accueil de tous les fils de cette unique famille en prière. On y observe visiblement un cœur doré : révélation de la gran-deur et de la tendresse du cœur de Dieu envers ses enfants les plus pauvres et souffrants. Père Dario a découvert les pauvres à travers la contemplation du cœur de Dieu. Ici, dans ce cœur, il a prié longuement et il a appris à regarder les petits, les plus faibles, ceux qui sont abandonnés, avec les yeux et le cœur de Dieu. Ici, dans ce cœur, il a compris qu’ils étaient « la prunelle des yeux de Dieu ». Ici,  dans ce cœur, il a connu, comme inspiration divine, la vraie grandeur de l’Œuvre à laquelle ils étaient appelés.
            Celui qui a connu la maison-mère originairement, sait qu’elle était constituée par un complexe de maisons pauvres, de véritables taudis. Et pourtant, avec enthousiasme et gratitude, on continuait à exclamer : notre grande Œuvre ! Durant  la Nuit de Noël 1898, père Dario,  soulevant l’hostie consacrée bénissait déjà ses filles encore lointaines et demandait au Verbe Incarné: « … faites en sorte que nous puissions voir triompher  cette grande et difficile entreprise, qui servira seulement à  manifester encore la grandeur de votre cœur envers les pauvres malheureux ». Et donc, non pas l’approbation, ni le succès humain, ni la grandeur extérieure, mais le triomphe de l’Amour de Dieu envers toutes ses créatures  plus faibles : c’est ça que recherchait  le cœur plein d’amour de père Dario.
            Et sur ce chemin, avec mère Eusebia et les premières sœurs il trouvait deux puissants soutiens : la Vierge d’Oropa et saint Eusebio, peints sur les Autels latéraux, pour qu’ils restent les symboles permanents des racines eusébiennes de notre famille de  consacrées dans l’église.

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