La Parole et nos Fondateurs...

Du témoignage unanime des premières sœurs, rien n’était plus proche du cœur de père Dario que vérifier quotidiennement si ses filles faisaient bien la méditation, si elle devenait leur nourriture constante pendant toute la journée, surtout si elles la mettaient en pratique dans l'amour fraternel et dans la charité vers les pauvres.
            A’ cette époque, la méditation était lue en com-mune, sur des textes qui commentaient la Parole de Dieu et particulièrement l'évangile. Toute l'église vivait encore l'exil de la Parole. On était loin du "Perfectae Caritatis" qui exhorte les consacrés à avoir quotidiennement entre les mains les Sacrées Écritures. Le contact avec la Parole n'était pas direct, mais médié par les commentaires.
            Cependant l'insistance à enraciner la vie sur la Parole et sur l'évangile est particulièrement significative et vitale. Père Dario, mère Eusebia et les premières sœurs avaient l'habitude de répéter aux jeunes en formation:     Eucharistie et péché peuvent cohabiter, mais ils ne peuvent pas rester ensemble méditation et péché... La méditation - aujourd'hui nous dirions la Parole -  elle a le pouvoir de former, de convertir, de guérir, de changer, de sanctifier la vie.
            En 1925 père Dario, frappé de paralysie, il se trouvait dans la communauté de Varèse. Deux fois par semaine il se rendait à Baveno pour les soins thermaux. Soeur Fidèle, qui eut la chance de l'accompagner quelque-fois, elle témoigne ainsi: « … sur le bateau il me faisait la méditation, il parlait tout de vie intérieure, de choses spirituelles, et j'étais très heureuse. Une fois nous sommes allés au Sacré Mont de Varèse. Il a célébré la Sainte Messe aux pieds de la Sainte Vierge. Nous avons prié pour sa guérison. Aucun n’était plus heureux que nous… ».
            Soeur Marie écrit à son tour:  « …  le Père aimait beaucoup le silence, le recueillement et, le long du jour, en les rencontrant à travers les couloirs, il demandait or à l'une or à l'autre sœur : ‘ … dis-moi la méditation de ce matin. Qu'est-ce que Jésus t'a suggéré? Qu'est-ce que tu lui as promis de faire?’ ».
            Et Soeur Espérance ajoute: « … quand je le rencon-trais, le Père me demandait : ‘… est-ce que tu as prié? Est-ce que tu as médité? Quelle résolution as-tu prise?’ Puis il ajoutait: 'aie foi et confiance dans le Seigneur, c'est la seule manière pour gagner les tentations et dépasser les difficultés.' Ses mots pénétraient en mon coeur comme gouttes de baume spirituel et ils me donnaient beaucoup de joie et sérénité pour continuer mon chemin ».
            Soeur Flavia, à son tour, écrivait ainsi: « … la bonté du Père est restée profondément gravée dans mon coeur. Chaque fois que je parle de lui aux sœurs, je me sens encore émue après vingt ans. Le Père parlait peu, il préfé-rait écouter, mais ses mots ont laissé dans mon âme une empreinte ineffaçable…  Je n'allais jamais chez le Père sans reporter des enseignements utiles et une persuasion forte. J'étais contente chaque fois que j’avais l'occasion de lui parler… ».
            Nous pouvons affirmer que l'évangile imprégnait les mots de père Dario. C’est pourquoi  qu’il incisait, avec sa lumière et sa bonté, dans le cœur des filles et dans le cœur de ses trésors que, jubilants, l’appelaient "Père" chaque fois qu'ils le rencontraient. Père Dario était vrai père dans l'esprit: une caractéristique qui toujours l'a marqué dans son ministère sacerdotal. Il guidait dans les voies de Dieu avec la parole persuasive, mais encore plus efficacement avec l'humilité et la sainteté de la vie.

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